ROGUE Evelyne, " Philosophie sur Internet "

Publié le




E. ROGUE, "Philosophie sur Internet", in L'Agora, Revue Internationale de didactique de philosophie, Académie de Montpellier.
 

Internet : Enfermement ou ouverture ?




Lire le texte dans son intégralité

 

Introduction

 

-- Réfléchir aux dangers qui planent sur Internet.

-- Une foule de problèmes nouveaux se posent,

juridiques,

éthiques,

politiques,

culturels.

-- Internet parviendra-t-il à demeurer longtemps

cet espace de communication libre,

peut cher,

ouvert aux citoyens, et

à l’abri des grands prédateurs du mm ?

==> Est-ce que Internet va engendrer une « mutation transformationnelle », autrement dit une redéfinition radicale de nos habitudes et de nos rapports sociaux, comme le firent le moteur à explosion, l’imprimerie ou encore la roue, comme les historiens se plaisent à le dire.

I

Obstacles de nature financiere

I : Les obstacles à 3 niveaux :

1/ L’équipement traditionnel

2/ L’abonnement aux fournisseurs d'accès à Internet

3/ Le surcoût des factures téléphoniques

1/ L’équipement traditionnel
a/ Matériel lourd UNITE CENTRALE

PC

Processeur* : Pentium 120 à 133 Mhz*

Système d’exploitation : Windows 3.11 au minimum

Mémoire cache* : 256 Ko*

Mémoire vive* : (RAM) : 16 Mega-octets

Disque dur : 500 Mo Mega-octets au moins. Si on envisage l’archivage d’images, prévoir au moins 2 Gigas*.

Carte graphique* : performante accélératrice Windows avec 2 Mo de mémoire, améliore la qualité et surtout la rapidité de l'affichage, quasi-indispensable pour un travail sans fatigue

Carte son et vidéo : sont intégrées en standard

b/ Les périphériques

 

Souris* : de type classique

Clavier *: de type azerty

Ecran courleur* : de 15 pouces de diagonale de bonne qualité

Lecteur de CD-ROM de CD-Rom : 16x off-line au on line

Fax*/Modem* : 33 600 bps*

 

===> Il est possible de s’équiper pour environ 12.000 à 20.000 frs.

c/ Les logiciels

Un navigateur : Internet Exploreur, Netscape Navigator, Mosaïc, Opéra

Un logiciel de courrier électronique : Eudora, Claris Emailer, etc...

Un décompacteur : Stuffit expander, etc..

Un Antivirus :

2/ L’abonnement aux fournisseurs d'accès à Internet

Abonnement à un fournisseur d'accès à Internet, compuserve

AOL, Worldnet, Easynet, Wanadoo, etc

==> environ 60 Frs/mois au min en local Club Internet

 

3/ Le surcoût des factures téléphoniques

==> Facture de téléphone calculée à la seconde depuis le 1er octobre

==> environ 17 Frs/Heure en heure pleine (0,28 frs/mn )

==> environ 9 Frs/Heure en heure creuse (0,14 frs/mn de 19h à 8h)

 

*** Des solutions sont proposées pour mettre l’équipement Internet à la portée de tous.

 

II/ Les réponses proposées a à 3 niveaux :

1/ L’équipement sous forme TV

2/ Un passage par le câble

3/ Le nouveau calcul

 

1/ L’équipement sous forme TV

==> WebTV + Décodeurs

==> Network Computer

==> Screenphone d’Alcatel = Minitel comme un micro

 

2/ Le passage par le câble

==> Possibilité de passer par le câble

==> Concurrence acharnée chez les fournisseur d'accès à Internet

 

3/ Un nouveau calcul chez France Télécom

==>Déréglementation de France Télécom

==>Proposition d’un tarif spécial destiné à un seul N° de téléphone = celui du fournisseur d'accès à Internet avec une réduction

======>Pour 10Frs/mois = 40% de réduction sur communications = 5,23Frs de l’heure = plus qu’av. le 1er octobre !!!

 

*** Ces solutions proposées permettent-elles à tous d’acceder à Internet ou bien est-il reservé à une élite ?

 

III/ Internet reserve a à une elite ?

1/ L’informatisation à l’échelle mondiale

2/ Internet à l’échelle mondiale

3/ A l’échelle Individuelle

 

1/ L’informatisation à l’échelle mondiale

AFRIQUE

3 à 7 lignes de téléphone pour 1000 habitants

USA

Sur 40% des foyers américains équipés

FRANCE

La France est loin derrière

Les pays en voie d’industrialisation encore plus loin ...

==> Renforcement de l’opposition Nord-Sud

 

2/ Internet à l’échelle nationale

USA

Sur 40% des foyers américains équipés

seul 15% sont reliés à Internet

FRANCE

(Etude du cabinet Continental Research, citée par 01 Informatique du 29 août 97)

51% des Internautes sont des cadres

23% occupent un poste de dirigeant

Les revenus sont le double de deux du frs moyen

==> Renforcement de la Fracture sociale

==> Renforcement de l’opposition Info-riche et Info-pauvre dans le Sud surtout.

 

3/ A l’échelle Individuelle

USA

sur 15% reliés à Internet au USA

seul 15% exploitent massivement les ressources d’Internet

Surtout le e-mail 33% pour le courrier à des proches

17% à des correspondants rencontrés sur le réseau...

FRANCE

Expérience d’insertion et de sensibilisation au Net sont menées actuellement

- Espace X

- Projet « cybervan » = atelier nomade

Cf. Planète Internet de ce mois

==> Renforcement de l’exclusion

Internet tel qu’il est présenté aujourd’hui n’est-il pas synonyme d’utopie d’égalité?

II

Obstacles de nature technique

I/ Qu’est-ce que c’est ?

1/ Internet = Le réseau des Réseaux

2/ Internet = une toile à l’échelle mondiale

3/ Internet = autoroute de l’information

 

1/ Internet = Le réseau des Réseaux

En fait Internet est un “méta-réseau”, c’est-à-dire qu’il interconnecte entre eux une multitude de réseaux plus ou moins grands.

Internet est un réseau mondial

2/ Internet = une toile à l’échelle mondiale

Le mot “toile”, traduction de Web renvoie à la notion de tissu, tout comme le mot “texte”. L’Internet tisse entre tous les êtres humains des liens, une cotte hypermédiatique susceptible - à terme de conduite le langage au-delà de lui-même et de lui donner une portée inédite. Réitération, en somme, de l’exploit effectué par l’écrit, puis par l’imprimerie, mais à une échelle tout autre.

-Internet peut donc être considéré comme

le temple de la liberté d’expression

et de communication au sens large.

 

3/ Internet = autoroute de l’information

Internet est la plus grande source d’information mondiale

On chemine de noeud d’information en noeud d’information. Le document hypermédia est un document, ou hyperdocument, utilisé dans les applications hypermédias.

Il ne suffit pas de savoir en quoi consiste Internet pour être capable d’y entrer. Il faut d’abord savoir faire fonctionner sa machine

II/ Comment cà marche ?

1/ La prise en main de l’outil informatique

2/ Un vocabulaire technique

3/ Implémenter la machine (faire fonctionner...)

 

1/ La prise en main de l’outil informatique

==> Faire fonctionner la machine

==> Paramétrer la machine pour Internet

==> S’y repérer dans la jungle

des fournisseur d'accès à Internet

des logiciels

des termes techniques

=========>SOLUTION PROPOSÉE : Les ouvrages pour les nuls...

 

2/ Un vocabulaire technique

==> Le premier obstacle est celui d’un langage technique.

Configuration

Disque dur :

DOS UNIX Windows.

Freeware Shareware :

Hardware : S’oppose à Software

====>SOLUTION PROPOSÉE : Les dictionnaires pour les néophytes

++++R. ROGUE, Dictionnaire Informatique pratiqueaux Editions du Généralist

 

Il ne suffit pas de savoir faire fonctionner sa machine, il faut encore être capable de s’approprier le mode de fonctionnement d’Internet.

 

3/ Implémenter la machine (faire fonctionner...)

===> On peut faire de multiples choses avec Internet, on peut même presque tout faire...

La messagerie électronique : E-Mail ;
Les débats d’idées liste de diffusion : Les NEWS : Usenet ;
Le téléchargement de fichiers : FTP
L’accès à des bases de données internationales la navigation : WWW ;
La connexion à distance sur de gros ordinateurs : Telnet ;
Autres services divers:

- Magazine électronique E-zines,

- Versions étendues de jeux de rôles puisants MUD,

- Conversations en temps réel IRC,

- Visites guidées et imagées d’endroits divers...

====>SOLUTION PROPOSÉE : Les ouvrages de vulgarisation

 

==> Internet est-il techniquement parlant reservé à une minorite d’inities ?

 

III/ Internet reserve aux à initiées ?

1/ Un usage restreint des fonctionnalités offertes par Internet

2/ Pas accessible à tous immédiatement

3/ Un outil élitiste et inégalitaire

1/ Un usage restreint des fonctionnalités offertes par Internet

===> sur 15% reliés à Internet au USA

seul 15% exploitent massivement les ressources d’Internet

===> Surtout le e-mail 33% pour le courrier à des proches

17% à des correspondants rencontrés sur le réseau...

 

2/ Pas accessible à tous immédiatement

===> Parce que l’ordinateur est trop cher

===> Parce que l’accès au réseau est trop compliqué

il faut trouver des solutions qui permettent à l’utilisateur lambda de s’approprier cet outil, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

 

3/ Un outil élitiste et inégalitaire

===> (Sondage Ifop)

75% des frs considèrent le développement d’Internet comme un projet majeur pour la France

29% voient dans Internet « l’accès à la connaissance universelle »

20% le considère comme un moyen d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises

14% estiment qu’Internet est « un moyen de communication élitiste et inégalitaire ».

III

Internet : pour quoi faire ?

 

Le défi des nouvelles technologies est avant tout culturel.

===> « Apprendre à penser en réseau »

 

I/ La communication à

1/ La communication à l’échelle Mondiale

2/ Internet : 80 anglophone !

3/ Une identité culturelle en péril

 

===> Selon Nelson Mandela, « Au XXIè siècle, la capacité à communiquer sera certainement une clé des droits de l’homme ».

1/ La communication à l’échelle Mondiale

===> Le courrier électronique constitue toujours l’utilisation la plus fréquente de l’Internet. La rapidité et la facilité de communication qu’il offre représentent beaucoup plus que l’extension de fonctions déjà bien établies par la poste, le téléphone ou la télécopie ; en fait il synthétise ces trois instruments en un seul et, de ce fait, crée un environnement exceptionnellement riche pour tout échange entre êtres humains. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre Vint Cerf quand il décrit l’Internet comme “mémoire du monde”. Par-delà la mémoire statique, telle qu’on la trouve dans les sites FTP, l’Internet offre aussi une mémoire en acte, fondée sur l’interaction entre les hommes.

=====> communiquer plus loin, abolir les distances, les frontières et se donner la capacité d'observer et d'intervenir au-delà des facultés humaines;

=====> communiquer plus vite, atteindre, traiter et diffuser le les informations plus rapidement.

=====> communiquer plus largement, avoir accès à plus de sources d'information et pouvoir diffuser vers un plus grand nombre de destinataires c'est-à-dire développer les réseaux, le les interfaces, les standards.

=====> Communiquer en quelle langue ?

2/ Internet : 80 anglophone !

=====> Le codage américain Dans l’univers Internet, toutes les langues ne circulent pas avec la même facilité. Pour le courrier le code américain ascii ne transmet intégralement que l’anglais et par hasard une ou deux autres langues comme le néerlandais. Dès qu’apparaissent accents, cédilles, et autres signes diacritiques, des problèmes se posent.

=====> L’apparition de termes qui n’ont pas de sens

mèler to mail

le mel mail

menace pour la langue d’un pays non anglophone et peut-être une menace concernant notre identité culturelle

3/ Une identité culturelle en péril

===> Selon les héritiers de McLuhan se penchent sur Internet et analysent l’impact du réseau sur les groupes sociaux qui l’ont adopté. ===>En fin de compte, la puissance d’Internet est [...] qu’il permet au monde entier de penser et d’écrire comme des Nord-Américains. Là est le programme d’Internet”.

===>Selon N. Thall Internet a été imaginé, créé et développé par et pour les Américains.

===>Pour les internautes du reste du monde, s’adapter signifie changer de culture, presque d’identité. [...]

Internet apparaît à Nelson Thall comme un fantastique instrument fédérateur, contribuant à l’homogénéisation des modes de vie. Il abolit les frontières, répand partout la même culture technologique, le même goût pour l’innovation à marche forcée.[...] Nelson Thall prévoit que les sociétés traditionnelles qui accueillent et adoptent Internet subiront un impact profond et cumulatif. Il prédit une érosion progressive des identités nationales. [...] Déjà, il décèle des changements chez certains Européens fréquentant assidûment le Net.

Peu à peu, ils adoptent une forme de communication écrite plus américaine, avec un usage croissant de l’argot et d'expressions vulgaires [...].

===> Selon Claude Allègre « Notre ambition, ce n’est pas de rattraper les autres, c’est de développer notre propre culture de l’information, une synthèse entre l’écrit et l’image qui innove en tenant compte de notre millénaire de culture ».

===>Avec Internet, on peut se demander

si on apprend à communiquer, ou bien

si on apprend à ne pas communiquer !

 

II/ L information

1/ L’information à l’échelle Mondiale

2/ L’Infowar en puissance

3/ Information ou désinformation

 

===> Selon le Chef du Gouvernement, il faut « Faire entrer la France dans la société de l’information du IIIè millénaire »

 

1/ L’information à l’échelle Mondiale

===> Forme particulière du courrier, les listes de diffusions : News offrent des milliers de thèmes, allant du sublime au ridicule, de l’idéal à l’odieux, images ambiguës de la complexité humaine. Les News permettent aussi la démultiplication de toutes les diasporas imaginables.

 

2/ L’Infowar en puissance

===> INFOWAR ou guerre de l’information parmi les menaces qu’offre la panoplie militaire. Une expression qui englobe tout à la fois les stratégies de guerre électronique offensive et défensive, la guerre économique et les techniques de la guerre psychologique comprenant l’art de l’information et de la désinformation (racket)

===> Le fait par ex que 90% des informations dont a besoin le Pentagone circulent sur l’Internet ont créé une formidable dépendance envers la collection d’informations.

 

3/ Information ou désinformation

===> Selon Bob Steele : « Le citoyen, c’est le soldat de l’âge de l’information”. « A l’âge de l’information, l’ordinateur est la bombe atomique », assène-t-il. “Notre système est très fragile. Que penseriez-vous si le GIA découvrait la guerre de l’information ? Saviez-vous que pendant la guerre du Golfe un gang de pirates hollandais offrirent leurs services à Saddam Hussein ? Ils se disaient capables de pénétrer le système qui gère la logistique de nos armées : au lieu de missiles nous aurions eu du papier toilette. Le chaos ! Saddam a refusé, mais c’était possible et ça aurait marché !

Le droit à l’information sera une gratification instannée.

Informations ? Désinformation ? Surinformation ? Ou post-information ?

 

III/ Les echanges

1/ Les échanges possibles

2/ Les mondes virtuels

3/ Un septième continent

1/ Les échanges possibles
Arbres de la connaissance

Inventer de nouvelles stratégies de partage des connaissances et d’échange social, comme avec les « arbres de la connaissance » qui permettent à chacun via le réseau, de faire profiter autrui de ce qu’il sait, et de gratuitement.

Renater

Des équipes “virtuelles” de recherche se forment un peu partout. En France, les universités st reliées entre elles par le Réseau national pour la technologie, l’enseignement et la recherche RENATER en passant par les réseaux construits par France-Télécom.

2/ Les mondes virtuels

Entrer dans les mondes virtuels n’est pas sans danger

a/ Avatar

===> Les communautés virtuelles correspondant à toutes sortes de groupes qui se retrouvent sur des sites reproduisant un restaurant, une salle de conférence ou un coin de rue.

===> Les familles commencent à se retrouver sur le cyberespace.

Ici les individus vont vivre leur ubiquité, leur polysémie, leur singularité..

b/ Répercussions sur l’Individu à 3 niveaux :

Nous ne pouvons en effet nier les répercussions socioculturelles provoquées par l’utilisation tous les domaines de l’informatique, et a fortiori d’un réseau tel qu’Internet ! Comme l’affirme H. Rheigold1 :Ma vie d’aujourd’hui est radicalement différente de celle d’avant mes contacts sur le Réseau”.

Le Moi au Moi

Tout d’abord en ce qui concerne la relation de l’individu à lui-même, et à l’Autre entendu comme alter ego, nous sommes en train d’assister à un pseudo-refus du Moi de s’accepter comme tel2.. A croire que l’individu trouve, dans le Réseau, la possibilité (par clone interposé) de transporter dans un ailleurs l’image de lui-même qu’il souhaite donner aux autres ; évitant - par ce mode de communication - non seulement le regard d’autrui qui le fait être, mais aussi la honte d’être vu ;- pour reprendre une théorie spécifiquement sartrienne. Ainsi, celui qui adopte une telle attitude ne refuse pas seulement d’être un corps, mais aussi d’avoir un corps.

Le Moi à l’autre

D’ailleurs, “le phénomène des Hackers illustre l’intense engagement psychologique dans les machines auxquelles s’adonnent les plus virtuoses des techniciens, ceux qui, selon S. Turkle, “comparent leur expérience de l’ordinateur au sexe, à la drogue, ou à la méditation transcendantale”. Nous voyons se développer certaines pathologies qui ne relèvent de rien de moins que de la résonance psychologique provoquée par la dépendance de l’individu à ce monde à la fois trop et trop peu réel. Trop réel, puisqu’il est possible de le différencier du monde quotidien sans effectuer un effort minimum de distanciation. Trop peu réel pour permettre en retour l’individu de s’y installer sans risquer de sombrer dans une schizophrénie grave.

Le Moi au monde

En ce qui concerne la relation au monde, nous sommes en train d’assister à une perte dans tous les domaines, ou presque. Et nous en tenons pour preuve la perte de nos repères spatio-temporels, tels que les avons toujours vécu, et auxquels se substituent un temps uchronique3 et un espace utopique4 ; pour ne pas employer les termes d’atemporalité et d’aspacialité absolues, puisque celui qui communique, par le Réseau et sur le Réseau, est simultanément ici et ailleurs, partout et nulle part ! Temps uchronique et espace utopique au sein desquels il nous faut re-situer le corps. Corps qui s’inscrit de ce fait dans le virtuel compris comme en-deçà ou au-delà du réel. Ou pour le dire autrement, corrélativement à une dé-territorialisation du texte5, nous assistons à une dé-réalisation du réel6 qui ne peut que nous inquiéter. Et cela d’autant plus que nous ne cessons de constater qu’actuellement les gens se lancent de plus en plus dans l’aventure du Réseau - poussés d’ailleurs par les médias et une volonté nettement affichée des gouvernants

Faut-il parler alors d’un septième continent ?

c/L’économie virtuelle

« Avec le Net, écrivait Jacques Attali dans Le Monde, l’emploi réel sera créé en priorité par les demandes de l’économie virtuelle. [...] Le septième continent sera la locomotive de l’économie du XXIè siècle ».

3/ Un septième continent
Les galeries marchandes
Le cyber commerce
Un contre pouvoir
L’Internet Society
Droit du Cyberespace
Netiquette
Nation virtuelle
Un village global

Faut-il en arriver à la création d’un homme planétaire dans un village global ?

L’insociable sociabilité

L'homme du XXIème siècle n'habitera plus une communauté, tout au plus il cohabitera, dans ce labyrinthe de réseaux, contraint d'être à la fois marginal et banal.

Internet favorisera-t-il l’avancée vers la “démocratie virtuelle” ou entrainera-t-il un cybercrétinisme ?

 

(Cybervote, temps réel, immédiateté, absence de réflexion, manque de recul, réponse instantanée)

Conclusion

 

Sans vouloir être ni technophobe ni technophile, il faut reconnaitre qu’Internet peut être une bonne chose pour l’humanité à condition

 

1/ de ne pas être une source d’inégalité supplémentaire

Renforcement de l’opposition Nord-Sud

Renforcement de l’opppotions Info-riche et Info-pauvre

Renforcement de l’exclusion

 

2/ de ne pas être une source d’enfermement

Kevin Brooks (dpt de cinéma interactif) : l’un des dangers de l’informatique, c’est d’enfermer les individus dans un monde clos.

Ils deviennent narcissiques, “provinciaux”.


3/ de ne pas être une source d’autisme

Pour P. Quéau, “nous vivons une période très inquiétante activée par une technologie ultrarapide. L’homme est lent, local, réel, tandis que ce monde est rapide, global, virtuel. Il faut veiller sans relâche. Ne jamais baisser sa garde.”

 

4/ de ne pas être nous faire prendre des ombres pour la realité source

La réalité, c'est que nous sommes des êtres de chair, de sang, de sentiments et d'émotions, à 37 degrés, des êtres biologiques qui avons besoin d'un support environnemental physique et convivial pour vivre. Par conséquent, l'avenir tient beaucoup plus dans l'équilibre entre le monde réel et le monde virtuel que dans la fuite vers quelque cyberespace qui risque de se transformer rapidement en une sorte de limbe électronique dans laquelle des zombies vont errer en quête d'informations qui ne seront jamais pertinentes parce que constamment rebrassées.

 

5/ de ne pas nous faire entrer dans n’importe quelle ere culturelle

Une telle voie est dangereuse, avertit J. De Rosnay. Elle ne respecte pas la prise en compte des idées, des valeurs, d’une éthique. L’important est d’avoir suffisamment de recul et de sagesse pour intégrer tout cela dans une civilisation globale qui respecte l’homme et sa destinée”.

 

6/ de ne pas nous faire perdre nos reprères spatio-temporels

Comme l’a écrit P. Virilio, nous entrons “dans un temps unique, le live, avec tous les risques de confusion et de chaos que cela suppose”.

 

7/ de ne pas nous faire prendre pour une fin en soi ce qui n’est qu’un moyen

 

Ce n’est qu’à ces conditions qu’Internet pourra « devenir un vrai réseau de connaissances et d’entraide à visage humain », comme le suggerait N. Négroponte,

 

mais

Y parviendrons-nous ?

 

Disposerons-nous de suffisamment de recul et de sagesse pour intégrer tout cela dans une civilisation globale qui respecte l’homme et sa destinée ?

 

 

1H. Rheigold, Les communautés virtuelles, Addison-Wesley, Paris, 1995, p. 11.

2Stelarc, artiste australien, a eu recours à l'Internet pour une expérience baptisée Fractal Flesh, ou Teleoperated Human Body (Luxembourg, du 4 au 12 Novembre. 1995).

3Il s’agit d’un temps autonome, sans référence au temps du monde réel, sans passé, sans présent, sans futur, hors de tout devenir propre à la vie. Un temps hors chronos.

4Il n’a pas de dimension propre, de lieu propre et permanent (topo).

5Le texte n’a plus de lieu propre, mais est mis en circulation en dehors de toute référence spatio-temporelle, et échappe par là-même à son auteur.

6Modification de notre manière d’appréhender le réel en fonction du virtuel. Appréhension qui s’effectue sur le mode de la perte du hic et nunc au profit d’un mode de perception reposant sur l’instantanéité. .


Publicité

Publié dans Articles

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article